Les 3 grands rôles des parents sont:

  1. Coach-éducateurs
  2. « Solutionneurs » de problèmes
  3. Poseur de limites.

Aujour’dhui nous allons traiter du 3ème rôle, nous reviendrons sur les 2 autres ultérieurement.

Fixer des limites

Des parents qui se sentent à l’aise de poser des limites , savent aussi se poser des limites claires à eux-mêmes. Ils sont au clair sur ce qu’ils sont et ne sont pas prêts à accepter, ainsi que sur leur façon de réagir en  présence des comportements inappropriés de leurs enfants.

L’art de poser des limites vient donc de l’intérieur et de la capacité du parent à se respecter lui-même, et non du comportement des enfants. 

Cependant il est important de rester humble car personne n’est à l’abri de moments de vulnérabilité ou encore d’être surpris ou totalement déstabilisé par un comportement inhabituel ou par l’émergence d’une personnalité forte d’un enfant ou encore d’une pathologie.

Faisons tout d’abord une distinction entre cadre de vie ou éducatif et limites. 

Votre cadre global ou éducatif, contient vos valeurs fondamentales.

Respect-Effort-Solidarité-Paroles positives etc. Tout ce qui est important pour vous dans votre vie et que vous pratiquez.

Le cadre délimite l’espace dans lequel vos enfants et l’ensemble des membres de la famille évoluent. Tout le monde y est soumis, vous aussi. Comme déjà mentionné dans un autre post: il est bien qu’il soit visible par tout le monde sous forme de Charte, intitulé: Dans notre foyer, Chez les…, Dans cette maison…” Cela renforce le sentiment d’adhésion et par conséquent d’appartenance. 

Gardez bien à l’esprit  que votre cadre doit vous ressembler pour que vous puissiez le tenir avec efficacité. L’ensemble des règles de la maison, doit refléter vos valeurs et vos convictions. 

Les limites sont comme des balises posées à l’intérieur de ce cadre, en fonction des situations, de l’évolution de vos enfants, parfois de l’endroit où vous êtes ou de la période de l’année (vacances, scolarité, maladie etc). 

Les limites sont à tenir lorsqu’elles sont posées mais peuvent être modifiées à tout moment. Et elles doivent l’être. C’est ce que j’appelle la souplesse. La flexibilité. Les limites font appellent à votre bon sens, à vos capacités d’analyse de la situation, à votre bienveillance.

Pour bien poser des limites il est important de

  1. avoir clairement à l’esprit la limite et le sens qu’on lui donne ainsi que la conséquence qui en découle si elle n’est pas respectée.  (fixer une limite “parce que c’est mieux” ou “parce qu’il faut en mettre” ne veut rien dire et risque à tout moment d’être abandonnée: exemple: aller au lit à 20h00 parce que “ ça me paraît être une bonne heure pour aller au lit” n’est pas mettre du sens, c’est seulement une justification.
  2. les suivre et les faire respecter sans devoir se justifier. Surtout avec les pré-adolescents et les adolescents. Entrer dans un discours de justification avec ses enfants trahit un manque de conviction et de confiance en vous,  et,  à ce jeu,  le parent sort 9/10 perdant.
  3. ne pas excuser ou sur expliquer le comportement et les raisons qui nécessitent la limite. Le rôle des enfants est de tester la solidité de votre positionnement. Ainsi il tentera de vous faire passer pour celui qui n’a pas vu, pas compris, qui exagère etc. Ce comportement est normal, cela ne doit en rien changer le vôtre. Vous posez la limite, l’enfant la discute, en discute, vous écoutez, reconnaissez son sentiment ET restez sur votre position.

Exemple: la règle est claire pour tous dans la maison: pas d’appel, ni de message durant le repas. En cas de non respect, le portable est confisqué jusqu’au lendemain. Le repas est le rare moment où tout le monde est posé au même endroit, moment propice à l’échange. 

Ce soir votre ado de 14 ans en plein repas, sort son portable pour répondre à ce dernier qui a déjà vibré 5X.

Vous lui demandez de poser le dit portable ailleurs (pas dans sa chambre)  mais aujourd’hui c’est trop important il, elle ne peut pas attendre la fin du repas pour répondre.

Dîtes simplement que vous voulez bien croire que c’est hyper important mais qu’il connait la règle. Votre ton est calme et ferme. Il, elle sera certainement très mécontent(e) vous aurez certainement droit à un “t’es lourd” ou suivant le degré de frustration quelques mots fort peu agréables, vous ne cédez pas. Vous n’entendez rien. Ne réagissez pas non plus. S’il mobilise plus d’espace sonore, vous lui répétez que vous avez compris sa frustration que cela ne justifie ni de mobiliser toute la famille pour cela ni qu’on change cela. Pas de si cela, si ceci. Préférez: “continue à manger tranquillement tu répondras après.” S’il elle décide de ne pas respecter car son besoin immédiat est plus fort que l’envie de vous respecter, il connaît certainement la conséquence.

  1. Vous êtes au clair sur la règle et la respectez aussi. Vous comprenez que votre ado soit mécontent mais cela ne vous touche pas plus que cela.
  2. Le sens: le repas est un moment important durant lequel vous aimez parler avec les vôtres. C’est d’ailleurs le seul moment de la journée où vous pouvez le faire car le planning des uns et des autres laisse peu de temps à l’échange.
  3. Vous n’expliquez pas que c’est la 5ème fois que le portable vibrait etc… vous avez toléré qu’il l’ait dans sa poche (souplesse) ET  vous ne cédez pas au fait qu’il, elle y réponde.

Autre exemple: 

La règle concernant les devoirs et la console:

  • on joue à la console quand on a fait ses devoirs. (pour les enfants à partir de 12-13 ans pour lesquels l’étude est journalière)
  • Si les devoirs sont très longs (plus de 1h30) alors vous acceptez un break, 15 min sur un chat avec une amie ou une partie de jeu 15 min pas plus!

SI votre enfant ne respecte pas une fois, demandez-lui ce qu’il se passe? Laissez-le vous expliquer mais répétez lui la règle et demandez-lui d’éteindre sa console.

S’il insiste: calmement: ok j’accepte que tu ne fasses pas de devoirs,(flexibilité)  tu t’arrangeras avec ton prof demain (responsabilisation); cependant ici, tu n’as pas le droit à la console aujourd’hui non plus (cohérence) . Fin de la discussion (conviction). Rediscutez son comportement au moment d’aller au lit pour savoir si quelque chose le,la tracasse ou si juste ce jour là il, elle n’avait pas envie.(bienveillance, ouverture) Ca peut arriver, comme il nous arrive de ne pas avoir envie de faire les paiements… et de les faire le jour suivant.

Si votre enfant ne respecte pas de manière répétitive, alors la conséquence vient, cela veut dire que vous allez poser une (nouvelle) limite à l’intérieur d’une règle existante. 

La règle (temps de travail avant temps de jeu) impose, que le temps écoulé aujourd’hui pour jouer à la console (qu’il a utilisé au lieu de faire ses devoirs) est écoulé. Donc pour aujourd’hui plus de console.(cohérence) Tu feras mieux demain. (bienveillance, encouragement).

Si l’enfant persiste alors, retenir la console. Dorénavant et jusqu’à ce que le rythme soit repris, Il, elle viendra la demander en montrant ses devoirs faits + temps de jeu sera égal à temps de travail ; (durcissement de la limite). Si l’enfant vous connaît comme parent affirmé dans ses décisions, il se remettra au travail.

Reconnaissez toujours son état de frustration et mettez en avant le bienfondé de cette règle.(enseignement de la valeur)  Banalisez les réactions. Elles sont normales, l’enfant en a besoin pour extérioriser ses sentiments de frustration et pour s’affirmer à lui-même.

J’ai interrogé beaucoup d’adolescents sur les règles et ce qu’ils en pensent. La plupart d’entre eux répondent qu’ils trouvent bien et important qu’il y en ait, qu’ils apprécient quand l’adulte résiste et les tient. C’est le jeu disent la plupart. Vous mettez des limites, nous on râle. A la fin on fait quand même et tout le monde est content. 

En tant que parents, vous ne posez pas des limites pour prévenir ou empêcher des comportements, ou des réactions.

Vous posez des limites pour aider votre enfant à grandir, à se situer dans un espace donné, votre cadre. Avec le temps, l’enfant prend des rythmes, des habitudes surtout lorsqu’il est petit,  puis intègre les raisons et les valeurs qui sous-tendent votre cadre éducatif. Ainsi, vos valeurs deviennent les siennes jusqu’au jour où il est assez mature pour décider s’il, elle les gardera et les transmettra à son tour.

 

SUPER IMPORTANT: ne jamais modifier la limite dans l’action (changement sur négociation ou à cause de la crise de l’enfant), jamais devant l’autre parent (solidarité parentale), pas avec l’avis de l’enfant tant qu’il n’est pas mature pour cela.

Une limite peut être re-réfléchie et modifiée. Elle doit l’être à un moment donné pour rester cohérente avec l’évolution de votre enfant. Cependant faites- le à tête reposée, quand tout est calme et vous aussi, dans la mesure du possible discutez- la avec un tiers, votre conjoint, un,(e) ami(e), l’enseignant(e), le coach sportif, quelqu’un en qui vous avez confiance.

Lorsque les enfants deviennent assez grands et capables de prendre part à leur propres limites, discutez-les avec eux, rendez-les de plus en plus responsables de leurs choix; restez maître des conséquences du non-respect des limites mêmes de celles décidées ensemble.

Poser des limites est un énorme travail parental, qui demande

  • de se connaître soi-même
  • de s’impliquer soi-même
  • de connaître les réactions normales de ses enfants en fonction de leur âge et de leur niveau de développement.

Poser des limites valables, efficaces et cohérentes, demande 

  • du dialogue parental régulier
  • du dialogue avec l’enfant dans un bon timing (il y a des moments pour (re)discuter la limite avec eux, et d’autres pour ne pas la discuter.)
  • du dialogue avec des tiers dans le cadre des familles monoparentales (pour le soutien, pour avoir un retour voire une remise en question)

Ne restez jamais seul(e) ou seuls lorsque vous vous sentez démunis face au non-respect de vos enfants. Le temps n’arrange en principe pas les choses; le risque que vous baissiez les bras ou que vous rentriez dans un mode de communication destructeur ( tensions, engueulades à répétition, mutisme, évitement) est grand.

Je propose des séances de coaching 1-1, par Skype également afin de

  • évaluer avec vous votre cadre
  • comprendre les raisons de vos difficultés à le faire respecter
  • comprendre vos difficultés à poser des limites
  • vous aider à vous restituer dans votre rôle de poseur de limites.

Le cadre est la structure du nid familial à l’intérieur de la maison qui tient tout les membres de la famille ensemble. Lorsque ce cadre est défaillant, de façon pérenne, alors le nid s’effrite et plus personne ne s’y sent en sécurité, ni confortable. Il n’est pas rare alors que, l’un après l’autre, les membres de la famille quittent le nid, même s’ils restent à l’intérieur de la maison.

N’hésitez pas à réagir, partager, m’envoyer vos requêtes.

MHM

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