Comment faire sortir du lit un enfant qui a déjà eu de la peine à s’endormir le soir.

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« Mon petit de 4 ans est tellement lent le matin… que je le réveille à 6 heures du matin, que je sois douce avec lui, que je prépare les vêtements pour lui ou que je lui donne le choix entre 2 pantalons, que je fasse le jeu “ le premier qui est prêt” RIEN n’y fait. Il s’oppose, il chouine, il reste assis sur son lit, et si je le presse un peu il se met soit à pleurer et pire à crier. Entre temps j’ai eu le temps d’habiller son frère de 18 mois, qui s’impatiente à son tour et commence à tout sortir dans la chambre, quand il ne crie pas parce qu’il a faim et veut son biberon matinal.  Les minutes s’égrainent, je perds patience, je le tire par la bras, je l’habille moi-même et finalement on part à la der;  je suis énervée, transpirante et fatiguée avant d’arriver au travail. Je pose mon grand à l’école et parfois je n’ai même plus envie de lui dire au revoir gentiment tellement j’ai sué.  » Maria, maman de Enzo

Qui connaît cela?

Cette Maman fait tout ce qu’il faut pour rendre le lever et le départ le plus agréable possible. Elle n’a rien à se reprocher.  Malheureusement toutes ces stratégies  ne garantissent pas que cela rende toujours le réveil du petit plus doux et plus motivant.

Chaque enfant est différent, cependant, comme nous, les petits ont besoin d’un temps de transition entre le réveil et le début de l’activité. Bien des enfants se sentent pressés (poussés) le matin. A 4 ans les enfants aiment faire par eux-mêmes  “Non c’est moi!” ; ils commencent à ressentir le pouvoir qu’ils ont sur eux-mêmes; ainsi ils aiment bien décider la matin si oui ou non ils vont aller faire pipi par exemple. Alors que souvent c’est la première chose que nous leur demandons de faire, lui, elle ne comprend vraiment pas pourquoi c’est plus important pour Maman « d’aller aux WC plutôt que retrouver mon jouet laissé la veille ». Et puis

« non contente que j’ai fait un pipi elle veut directement que je saute dans mes pantalons alors que je me sens si bien dans ce pyjama encore un peu tiède et si doux. » 

Voilà, le souci est que la plupart des parents n’ont pas tant de flexibilité de temps le matin car, le programme est chargé, et si on ne veut pas les lever à 5 heures du matin pour partir à 7, et bien, il faut  s’activer dès le réveil.

Rappelons-nous: les petits enfants n’ont pas de notion du temps qui s’écoule, n’ont pas la capacité mentale de faire un lien entre “être en retard si on se dépêche pas” ni de comprendre l’importance de votre travail, encore moins que l’école est devenue obligatoire et qu’il doit y arriver à un moment précis.

Toutes ces explications lui passent totalement au-dessus. La seule chose qu’il comprend c’est que vous semblez contrarié(e) et que vous êtes très sérieux(se) ou que vous faîtes tout très vite et que vous arrêtez pas de répéter ces mêmes mots : ”dépêche-toi!”, »on va être en retard« . Mais ça veut dire quoi ?!

Et si votre priorité matinale, lorsque vous allez réveiller vos enfants était de vous connecter à eux?Par ce biais votre petit(e) va se sentir rempli(e) d’entrée. 

Non seulement il va mieux coopérer avec vous, de plus il va être mieux à même de relever les challenges de sa journée. 

OK ! Comment faire ? En 10 points.

  1. Mettre tout le monde au lit le plus tôt possible. Les petits enfants ont besoin entre 9 et 11 heures de sommeil. Le cerveau a besoin du temps de sommeil pour se développer harmonieusement  et accroître ses capacités.
  2. Aller soi-même au lit assez tôt. L’adulte a besoin en moyenne de 6-7 heures de bon sommeil pour récupérer pleinement physiquement et mentalement. Les heures précédant minuit étant les plus efficaces.
  3. Se lever avant ses enfants ET se réveiller bien soi-même. Commencez la journée par prendre du temps pour vous. Si vous-mêmes avez de la peine à vous réveiller, vous pouvez aisément vous imaginer qu’il sera plus difficile pour vous de supporter les difficultés de vos enfants. Préparez-vous, dans le calme et tout ce dont vous avez besoin pour partir. Ainsi, préparer les enfants reste la seule chose à faire.
  4. Préparer le matin le soir avant. Une des routines les moins motivantes cependant une des plus utiles. Préparer les habits à mettre (avec les enfants pour ceux qui peinent à s’habiller), préparer les affaires à prendre, la table du petit déjeuner, les papiers à ne pas oublier etc. Même si nous sommes fatigués, notre cerveau est encore en mode actif. Faire ces petites choses permet de faire des choses plus plaisantes le matin, comme boire son café tranquillement, prendre soin de soi, faire quelques respirations devant la fenêtre ouverte etc.. pour mettre son corps et son esprit en route sans agressivité.
  5. Prendre 5 minutes de câlins avec l’enfant en le réveillant. L’acte de connexion suprême: recevoir un câlin le matin. Massez gentiment le dos, les jambes, la nuque, réveillez le corps de votre petit avec douceur. Peut-être va-t- il, elle  vouloir venir dans vos bras et prolonger ce moment de connexion avec vous. Cela paraît impossible ? Si tout le reste est fait, vous trouverez ces 5 minutes. C’est la plus belle manière de se reconnecter après la séparation de la nuit, cela remplit le réservoir de confiance et d’amour de l’enfant, cela remplit votre réservoir en même temps. Plus difficile de s’énerver ou de s’opposer après un tel moment: stratégie gagnant-gagnant.
  6. Utiliser des routines pour faciliter les transitions. Les enfants ont de la difficulté à passer les transitions et le matin est une succession de ces transitions. Aider-la à les traverser par des petites routines: faire un bisou et souhaiter bonne journée au Doudou, le prendre par la main pour aller jusqu’à la salle à manger, mettre une musique douce, chanter la même chanson du bonjour, réveiller le visage avec un gant de toilette puis contrôler dans le miroir que le visage est bien réveillé etc etc. Toute petite chose qui aide l’enfant à passer d’une étape à l’autre en douceur est bonne à prendre, si elle est faite AVEC VOUS.
  7. Réaliser que l’enfant a besoin d’aide pour exécuter ces routines. Comme déjà mentionné au point 6, soyez intensément avec vos petits pour les aider à traverser ces 60 premières minutes de la journée. Pensez le matin en terme de connexion plutôt qu’en corvée, ou de suite d’ordres à donner pour être à l’heure. Votre présence est sa motivation. Au final l’enfant se réjouit de sa journée (ce qui n’est pas toujours notre cas) donc, bien la commencer rendra la séparation aussi plus aisée. Plus que l’aider à se réveiller vous préparez ainsi ses réserves affectives et mentales dont il aura besoin pour la journée. 
  8. Garder une routine aussi simple que possible. Les routines pour être efficaces doivent être simples, et surtout adaptées à l’âge et au caractère de l’enfant. Exemple: le petit déjeuner est important mais votre aîné ne peut pas manger avant qu’il soit bien réveillé. Organisez une routine qui respecte son rythme: à boire, un biberon puis une tartine-sandwich sur le trajet. Vous aimez que votre fille soit bien coiffée mais c’est la guerre pour la faire se tenir tranquille: simplifiez, laissez lui les cheveux comme ils sont et donnez lui dans son sac un bandeau pour les tenir à l’école (j’ai rencontré tellement de mamans qui aiment soigner leur petite). En clair comme en bref: simplifiez-vous la tâche, simplifiez-leur la vie, allez à l’essentiel: être le plus paisible possible et se quitter heureux pour la journée. 
  9. Donner des choix. Les enfants qui résistent manifestent leur volonté de choisir par eux-mêmes, ou leur incapacité sur le moment d’exprimer ce qu’ils ressentent, et le matin certainement, c’est un moyen de dire: « arrête ça va trop vite et ce n’est pas ce dont j’ai envie maintenant« .  Faire preuve de souplesse en donnant des choix. Des choix ciblés : choisir entre du miel ou de la confiture, choisir entre brosser les dents sur l’escabeau ou par-dessus la baignoire,entre mettre les bottes d’abord ou la veste d’abord, entre les bottines ou cette paire de chaussure-là. Cela évite le bras de fer: « Non je veux pas! cela oui tu feras cela!« ; cela donne un peu d’autonomie, sans les mettre dans une situation stressante: choisir entre 20 choses alors que de toutes les façons « c’est difficile parce que je suis petit, que en plus je viens de me réveiller et que c’est la 5ème chose que Maman me demande de faire« . Restez calme et optez pour une attitude qui signifie bien que l’un ou l’autre doit être choisi sinon c’est vous qui devez le faire.
  10. Dédramatiser, faire rire. C’est pas toujours rigolo c’est vrai. Et en plus vous savez peut-être que votre journée professionnelle va être difficile ou que vous avez un problème avec une collègue à régler, ou que, ou que, ou que… Cependant sur le moment, rien n’est plus important que votre enfant qui ne connaît pas encore ces tracas d’adulte puisse lui, se réjouir de sa journée. 60 minutes ( le temps moyen passé à se préparer le matin) c’est vite passé et ces 60 minutes là ne doivent en aucun cas être un drame. Alors prenez du recul, si tout n’est pas fait tip-top c’est pas grave, si l’enfant est parti sans s’être brossé les dents super bien c’est pas grave, si ce matin vous avez dû l’habiller vous-mêmes c’est pas grave, s’il n’a pas fini ses céréales c’est pas grave. Essayer un maximum d’avoir le sourire, de rigoler un peu, de jouer à (au patron qui fait les gros yeux car Maman est en retard). Vous aurez compris prendre les choses avec distance et humour.

Conclusion: dans le rythme que nous vivons aujourd’hui, dans la réalité des familles où chaque parent travaille, parfois les 2 à 100%, difficile d’avoir des moments de libre avec les enfants. Alors ce sont ces moments routiniers qui deviennent les meilleurs moments pour être intensément avec nos petits.

L’humeur de nos enfants est le plus souvent calquée sur la nôtre.

Faire bonne figure ne signifie pas être réellement bien intérieurement. Sourire c’est bien, sourire à ses enfants c’est encore mieux. Nos enfants ressentent très bien si notre bonne humeur est feinte ou vraie. 

La vie moderne crée des pressions sur les parents comme sur les enfants; ces pressions mettent à mal la qualité de nos connexions profondes, en particulier celles avec nos enfants.

Et pourtant c’est la qualité et l’intensité de cette connexion qui adoucit un peu le climat stressant de nos vies. Nos enfants en ont hautement besoin, non seulement pour mieux coopérer avec nos exigences, mais surtout pour se développer harmonieusement. Chaque fois que nous faisons de ces connexions intenses notre priorité, les choses vont un peu plus facilement. 

L’équilibre familial est à la portée de tous.

MHM

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